Manifeste de Versailles 2012
MANIFEST VON VERSAILLES 2012
Monsieur le Président, Madame la Chancelière, Monsieur le Premier ministre,
Les “Premières Rencontres France-Allemagne” de ParisBerlin se sont déroulées le 12 septembre à l’Hôtel de Ville de Versailles, ville symbole, afin d’apporter notre écot au cœur de cette année jubilaire du Traité de l’Élysée: Quelle dynamique insuffler à ce demi-siècle de paix et de coopération qui a su ouvrir la voie à la construction d’une identité européenne?
Près de 600 personnes se sont retrouvées autour de deux conférences plénières et de six ateliers (dont 400 jeunes de 18 à 25 ans et 200 responsables politiques et experts des questions européennes), dans une dynamique essentiellement prospective : Commémorer, pour quoi faire ? Le franco-allemand, à quoi ça sert? Et finalement, comment adapter le Traité de l’Élysée aux enjeux de demain?
Au terme de discussions enthousiastes et passionnées, il nous appert que le temps de la réconciliation s’est ouvert sur un nouveau souffle et que de nouvelles missions sont à conférer aux relations entre la France et l’Allemagne: Quelle voie emprunter pour élargir les échanges bilatéraux, au profit d’un multilatéralisme européen, démocratique et populaire ?
J’ai l’honneur de vous livrer les conclusions de nos débats, comme autant de pistes à explorer à l’occasion du 22 janvier 2013, sous le titre générique de Manifeste de Versailles 2012 :
1. Faire vivre l’utopie européenne, pour faire barrage aux populismes et maintenir la paix dans notre espace européen: sans rêve, il n’y aurait pas eu de réconciliation et sans réconciliation, il n’y aurait pas eu d’histoire commune ;
2. Œuvrer pour une économie forte et donc renforcer les coopérations politiques élargies, au-delà du couple franco-allemand, nécessaire, mais qui n’est plus suffisant;
3. Mettre en place une politique de sécurité, de défense et d’énergie commune, qui dépasse les intérêts commerciaux de nos deux pays et serve de moteur à l’Europe;
4. Communiquer sur les importants besoins du marché du travail en personnel biqualifié. Des bases culturelles et linguistiques garantissent des opportunités et une intégration professionnelles;
5. Enjoindre au Traité de l’Élysée une réelle dimension culturelle, pour valoriser les initiatives comme ARTE et en soutenir d’autres, comme le développement de médias résolument européens d’initiative franco-allemande ;
6. Continuer d’investir sur les nouvelles générations,qui représentent les meilleurs ambassadeurs du franco- allemand et de l’Europe: le risque d’un retour en arrière est permanent et ne peut être ignoré. Réfléchir à un élargissement des missions de l’Office franco-allemand pour la jeunesse au niveau européen;
7. Favoriser la mobilité éducative et professionnelle de tous, quels que soient le cursus et le niveau de langue: mobiliser, informer, accompagner, former les personnes et harmoniser les diplômes;
8. Permettre l’apprentissage précoce des langues pour tous dès l’école primaire et renforcer leur pratique, tant dans le secondaire que dans le supérieur. Imaginer une pédagogie commune d’apprentissage des langues et systématiser les échanges entre apprenants des deux pays ;
9. Rapprocher les agendas politiques dans les 27 pays membres, pour que les citoyens et les médias partagent la même actualité et s’enrichissent des ressemblances et des différences de chacun;
10.Communiquer auprès du grand public sur l’amitié entre nos deux populations. Rappeler par une véritable campagne transfrontalière que la France et l’Allemagne ne sont pas seulement les premiers partenaires économiques réciproques, mais sont également mues par des objectifs communs : vivre en harmonie et se mettre au servi ce d’une Europe forte, cohérente, à même d’éclairer par ses valeurs de liberté et de solidarité le monde d’aujourd’hui et de demain.
Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer mes très respectueuses salutations,
Olivier Breton, directeur du Club et du Magazine européen ParisBerlin, initiateur des “Premières Rencontres France-Allemagne”, à Versailles.
