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Hollande, Merkel, Renzi... Un sommet pour la forme ?


Publié initialement le vendredi 26 août 2016
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De l'Europe des 28 à celle des 27, c'est finalement un sommet à trois qui s'est tenu le 22 août au large de l'île italienne de Venotene. Matteo Renzi profiterait-il du Brexit pour s'inviter à la table franco-allemande ? ParisBerlin a fait le tour de la presse en ligne.


Matteo Renzi, François Hollande, Angela Merkel (photo recoupée). ©Martin Schulz



L'Italie en passe de replonger l'Europe dans la crise. Le teaser-catastrophe du Spiegel Online pour ce sommet de Venotene sur le porte-avions Giueseppe Garibaldi au large de l'Italie était parfait. Courbes à l'appui, le site d'information passe en revue une croissance atone, un chômage persistant et une pauvreté croissante. Matteo Renzi espère un geste d'Angela Merkel, jusque-là partisane de la discipline budgétaire pour tous. Matteo Renzi peut-il réussir là où Tsipras a échoué ? Contrairement à la Grèce, l'Italie a pour elle son poids économique dans l'Union : "Une Italie en crise pourrait plonger l'Europe dans le marasme économique", estime le Spiegel Online, "et ainsi tuer dans l'oeuf le "tout va bien" qu'espère clamer Angela Merkel lors de la campagne qui l'attend."

Un brin moins anxiogène, le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, s'amusait cette semaine de l'alarmisme permanent autour du projet européen, notamment depuis le Brexit : "il ne se passe pas un jour sans qu'un "observateur averti" ne prédise l'explosion en plein vol du projet européen."

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la demande de Matteo Renzi a bien plus captivé la presse allemande que la proposition de François Hollande de renforcer le plan de relance européen. Une doléance cependant douchée par Angela Merkel, qui estime que le pacte européen de stabilité budgétaire offre suffisamment de marges de manoeuvre aux Etats. Entre deux paragraphes sur ses collègues qui se plaignent de la chaleur et de la mauvaise qualité du Wi-Fi à bord du porte-avion Giuseppe Garibaldi, l'envoyée spéciale de Die Welt raille des "habituelles demandes d'assouplissement  de l'Italie pour ses caisses en piteux état." La chancelière a toutefois félicité ses homologues pour les réformes mises en place. Les détracteurs de la rigueur budgétaire apprécieront.

Un empilement de symboles


De ce sommet, nombre de médias retiennent surtout les symboles. Encore Hollande, Merkel et Renzi se retrouvent, les trois mêmes qui s'étaient retrouvés après le vote du Brexit. Cette fois-ci, le trio a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe d'Altiero Spinelli, un intellectuel italien qui s'est battu contre le fascisme et pour l'Europe, et l'allocution à la presse sur le Giuseppe Garibaldi, un porte-avions italien qui participe à l'opération européenne Sophia contre le trafic d'êtres humains en Méditerranée.
Politico se montre plutôt sévère, et retient de cette journée un sommet "riche en symboles, mais pauvre en substance." Certes, les trois chefs d'Etat ont "enchaîné les platitudes" sur l'importance d'une réponse européenne aux différentes crises qu'affronte le vieux continent, "mais ils n'ont laissé que peu d'indices sur la manière dont ils comptaient s'y prendre."

Un "temps de réflexion" salutaire, estime au contraire Handelsblatt. "De nouvelles voies et nouvelles majorités doivent émerger", et même si le sommet n'a a été l'occasion d'aucune grande annonce, "la justesse des symboles" et "les petits pas" à la recherche d'un consensus semblent de bon augure avant le prochain sommet à Bratislava... Sans le Royaume-Uni.
 

Un renforcement du clivage est/ouest en Europe ? 



Car cette rencontre à trois semaines du prochain sommet européen n'est pas anodine. Longtemps, le triangle de Weimar entre Paris, Berlin et Varsovie s'est efforcé de jeter une passerelle entre deux Europe aux visages différents. Les relations avec la Pologne ayant été refroidies par l'échec de la politique d'accueil des migrants, le "couple" franco-allemand prépare sa rentrée en compagnie de l'Italie.
Un geste qui ne manquera pas d'agacer le reste des Etats-Membres, estime Lutz Herden pour Die Freitag. "Pourquoi les grands et les demi-grands de l'UE devraient se rencontrer tout en excluant les 24 autres membres ? Parce qu'ils sont petits, voire tous petits ?" Plus cynique, le correspondant de la Deutsche Welle, Bernd Riegert, estime que chacun avait ses propres intérêts dans ce sommet : "Matteo Renzi veut non seulement diriger l'Italie, mais aussi l'Europe. (...) Le Brexit, c'est une opportunité pour lui de transformer la locomotive franco-allemande en trinôme." Quant à Angela merkel, elle n'aurait pas d'autre choix : "Si elle veut trouver des solutions à la crise des réfugiés, au bras de fer avec la Turquie, à la lutte contre le terrorisme et à la politique d'investissement, elle a besoin de l'Italie à ses côtés. Elle rencontre suffisamment de difficultés avec la Pologne et l'Autriche, c'est dans son intérêt de laisser Matteo Renzi profiter des feux de la rampe, chez lui." Et que cherchait François Hollande à Venodete, à part le soleil ? Le correspondant de la Deutsche Welle a réussi l'exploit de boucler sa chronique sans le mentionner une seule fois. 
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